La faillite du hasard
Pourquoi je vois dans l’ordre de l’existence une raison de croire en un créateur
Pourquoi le hasard serait-il une explication insuffisante de l'existence ?
Le titre exprime une insatisfaction précise. Le hasard a une place légitime dans les explications du monde. La probabilité est indispensable à de nombreuses formes de connaissance. Ce qui me paraît insuffisant, c’est l’usage du « hasard » comme réponse définitive à l’existence elle-même, comme si nommer l’incertitude ou décrire un processus aléatoire expliquait déjà pourquoi il existe une réalité dans laquelle quelque chose peut se produire.
C’est là que commence cette réflexion : dans la distance entre expliquer un événement et expliquer les conditions qui rendent les événements possibles.
Lorsque quelqu’un dit : « C’est arrivé par hasard », qu’a-t-il exactement affirmé ?
Parfois, l’énoncé est précis. Deux événements se sont produits indépendamment, et leur rencontre n’était pas prévue. Parfois, il décrit une probabilité dans un modèle défini. Parfois, il signifie que nous ne pouvons pas prévoir un résultat. Parfois, il est simplement une manière de reconnaître que nous ne connaissons pas la cause.
Ces significations ne devraient pas être traitées comme interchangeables. Un événement imprévisible n’est pas nécessairement un événement sans causes. Un processus décrit en termes probabilistes n’est pas, pour autant, un processus sans structure. Et notre incapacité à identifier une finalité n’établit pas, à elle seule, l’absence de toute finalité possible.
La même rigueur doit s’appliquer à mon propre vocabulaire. Lorsque je parle de « création », je n’ai pas pour autant expliqué le mécanisme physique par lequel une étoile se forme ou un organisme vivant se développe. J’exprime une croyance concernant la source de la réalité dans laquelle ces mécanismes opèrent.
Aucun de ces deux mots ne devrait être autorisé à tenir lieu d’un travail d’explication qui n’a pas réellement été accompli.
Prenons un exemple ordinaire : un jeu de cartes mélangé. Chaque disposition particulière peut avoir une probabilité extrêmement faible dans un modèle donné, et pourtant une disposition doit nécessairement apparaître. Observer le résultat après coup et annoncer que son improbabilité prouve une sélection délibérée serait une erreur. Les questions importantes porteraient sur le processus, sur les résultats possibles et sur le fait de savoir si cette disposition avait été spécifiée indépendamment du résultat observé.
Cela compte, car les grands nombres peuvent produire une impression de certitude que le raisonnement sous-jacent ne mérite pas. Un calcul de probabilité exige un événement défini, un ensemble de possibilités justifiable et des hypothèses fondées sur la manière dont ces possibilités sont générées. Sans cela, un dénominateur impressionnant peut être l’expression du modèle que nous avons choisi plutôt qu’une mesure de la réalité.
Je n’ai pas besoin d’une probabilité exagérée pour que l’existence mérite d’être interrogée.
Il y a déjà quelque chose qui appelle la réflexion dans le fait qu’un jeu de cartes existe, que ses éléments possèdent des propriétés stables et qu’un processus puisse produire des résultats selon une structure reconnaissable. Cette analogie n’établit pas l’existence d’un concepteur cosmique ; les jeux de cartes sont des objets fabriqués par les humains, et l’univers ne peut pas simplement être traité comme leur version agrandie. Elle aide à séparer deux questions : quel résultat s’est produit, et qu’est-ce qui a rendu possible un domaine de résultats ?
Mon intérêt pour un créateur relève principalement de la seconde question.
Les explications scientifiques révèlent des relations. Elles montrent comment la modification d’une condition en affecte une autre, comment les structures se développent et comment des phénomènes apparemment sans rapport peuvent émerger d’un cadre commun. Leur réussite mérite d’être prise au sérieux.
Pourtant, décrire comment quelque chose se comporte et expliquer pourquoi il existe quelque chose qui se comporte ainsi sont deux démarches différentes.
Une loi physique n’a pas besoin d’être imaginée comme une instruction prononcée par un législateur à l’image de l’être humain. L’appeler une « loi » ne constitue pas un argument en faveur d’un législateur. Néanmoins, les régularités que nos lois décrivent conservent une importance philosophique. Pourquoi la réalité possède-t-elle des structures suffisamment stables pour être étudiées, formulées et utilisées afin de produire des prédictions qui se vérifient ?
Peut-être certaines de ces structures seront-elles un jour dérivées de principes plus profonds. Ce serait une avancée extraordinaire. Elle expliquerait pourquoi des caractéristiques particulières découlent d’un cadre plus fondamental. Savoir si elle expliquerait également pourquoi ce cadre existe est une autre question.
Que devient la question de l’origine lorsque chaque réponse révèle un nouveau niveau d’intelligibilité ?
Pour moi, l’explication n’épuise pas nécessairement l’émerveillement. Elle peut lui donner un objet plus précis.
Je ne cherche pas un créateur uniquement là où une explication scientifique s’arrête provisoirement. Si ma croyance dépendait du fait qu’une réaction chimique particulière demeure inexpliquée, la prochaine expérience réussie pourrait lui retirer son fondement. Cela ferait de l’ignorance quelque chose que j’aurais intérêt à protéger.
Je n’ai aucune raison de souhaiter l’échec de la connaissance.
La possibilité que la nature puisse engendrer une complexité extraordinaire par des processus que nous pouvons découvrir fait elle-même partie de ce que je trouve remarquable. Un monde capable de développement, de transformation et d’organisation vivante ne devient pas philosophiquement banal simplement parce que nous en comprenons mieux le fonctionnement.
Cette distinction est particulièrement importante lorsqu’il est question de la vie.
L’origine de la vie et l’évolution ultérieure des populations vivantes sont des questions liées, mais elles ne sont pas la même question. Une explication évolutionniste ne revient pas non plus à imaginer un organisme moderne complet assemblé en une seule tentative aléatoire. Traiter les processus cumulatifs, l’hérédité, la sélection et les contraintes physiques comme une unique loterie aveugle déforme ce que l’on cherche à expliquer.
De même, les recherches sur les origines de la vie étudient des voies et des conditions chimiques, plutôt que d’attendre simplement que tous les composants d’une cellule moderne se heurtent simultanément.
En 2009, Matthew Powner, Béatrice Gerland et John Sutherland ont présenté une voie de synthèse de ribonucléotides pyrimidiques activés dans des conditions qu’ils décrivaient comme plausibles dans un contexte prébiotique. Leur étude, Synthesis of Activated Pyrimidine Ribonucleotides in Prebiotically Plausible Conditions, abordait un problème important concernant certains des éléments constitutifs de l’ARN. Elle n’a ni créé un système vivant complet ni établi l’histoire exacte de l’apparition de la vie sur Terre.
Ces deux aspects comptent. Une véritable avancée ne devrait pas être écartée parce qu’elle est incomplète, et une avancée partielle ne devrait pas être présentée comme si elle avait répondu à toutes les questions.
De mon point de vue, découvrir une voie plausible par laquelle une chimie non vivante pourrait contribuer à l’organisation du vivant expliquerait quelque chose d’important sur les capacités de la nature. Je ne considérerais pas l’existence de cette voie comme automatiquement incompatible avec un créateur.
Mais la compatibilité n’est pas une preuve. Un processus qui s’accorde avec ma croyance peut aussi s’accorder avec une interprétation qui n’inclut pas de créateur. Je dois reconnaître cette différence si je veux comprendre ce qu’un argument soutient réellement.
Ce qui me rapproche de la croyance, c’est la possibilité plus large que la capacité à produire la vie appartienne à la trame même de la réalité, plutôt que d’y survenir comme une exception.
Je trouve pertinent de demander pourquoi le monde possède les possibilités qu’il possède. Pourquoi la matière devrait-elle être capable, dans certaines conditions, de participer à des systèmes qui se maintiennent, se reproduisent, réagissent et finissent par poser des questions sur la matière ?
Cette question ne reçoit pas de réponse par la seule expression de l’étonnement. Elle ne devient pas non plus sans intérêt lorsque l’on explique les étapes intermédiaires.
La discussion sur un univers permettant la vie soulève une distinction similaire.
Certaines caractéristiques de notre univers jouent un rôle dans la formation des structures dont dépend la vie telle que nous la connaissons. Mais les affirmations concernant un « réglage fin » exigent de la prudence. Que fait-on varier ? Quelles autres grandeurs maintient-on constantes ? Que considère-t-on comme un univers possible ? Quels types de complexité examine-t-on ? Sur quelle base attribue-t-on des probabilités ?
Dans son étude de 2008, Stars in Other Universes: Stellar Structure with Different Fundamental Constants, Fred C. Adams a exploré un modèle dans lequel plusieurs paramètres influençant les étoiles pouvaient varier. Dans ce modèle, une fusion nucléaire durable était possible dans une région substantielle de l’espace des paramètres étudié. Cela ne tranche pas la question de savoir si la vie est fréquente parmi les univers possibles. Cela montre néanmoins pourquoi affirmer que la moindre variation de n’importe quelle constante supprimerait toutes les étoiles est excessif.
Une croyance qui mérite d’être défendue devrait survivre au retrait d’une affirmation exagérée invoquée à son appui.
Mon intérêt n’exige pas que chaque grandeur physique se situe sur une ligne d’équilibre d’une étroitesse inimaginable. Il porte sur l’existence d’une réalité structurée dans laquelle une complexité stable est possible. Si l’éventail des possibilités viables se révèle plus large que prévu, cela modifie un argument particulier concernant la rareté. Cela ne tranche pas automatiquement la question philosophique de savoir pourquoi un tel éventail existe.
Une observation importante est également souvent soulevée dans ces discussions : des êtres capables de poser des questions ne peuvent se trouver que dans des conditions compatibles avec leur existence (principe anthropique). Nous ne devrions pas être surpris que le lieu depuis lequel nous observons la réalité permette l’existence d’observateurs.
C’est une contrainte réelle sur notre raisonnement. Elle nous met en garde contre des conclusions formulées comme si nous pouvions observer notre propre absence dans un univers inhabitable.
La question de savoir si cette sélection liée à l’existence des observateurs fournit une explication complète dépend du cadre plus large dans lequel elle est utilisée. Elle peut expliquer pourquoi les observations sont restreintes sans établir, à elle seule, ce qui engendre les possibilités sous-jacentes.
Les propositions faisant intervenir plusieurs univers peuvent offrir un cadre explicatif plus vaste. Elles devraient être examinées selon la théorie particulière concernée, ses implications et son rapport à l’observation. Les rejeter simplement parce qu’elles ne correspondent pas à mon interprétation préférée serait une négligence intellectuelle.
De la même manière, un cadre plus vaste invite à s’interroger sur sa propre structure. Un mécanisme qui engendrerait de nombreux univers posséderait des propriétés rendant cette génération possible. Passer à ce niveau peut résoudre certains problèmes tout en laissant d’autres questions ouvertes.
Il n’y a rien de honteux à ce qu’une explication ait une limite. La difficulté commence lorsque cette limite est présentée comme la fin de tout questionnement légitime.
À ce stade, quelqu’un peut raisonnablement demander : introduire un créateur explique-t-il réellement quelque chose, ou cela déplace-t-il simplement le mystère ?
Cette objection a sa place dans cette discussion.
Si j’affirme que tout doit avoir une cause, puis que j’en dispense un créateur sans explication, je ne traite pas mon propre argument de manière cohérente. Ma position ne devrait pas dépendre de ce raccourci.
La conception que j’examine est celle d’une source de l’existence plutôt que d’un objet supplémentaire à l’intérieur de l’existence : quelque chose qui ne dépend pas des conditions qu’il est invoqué pour expliquer. Dans le langage philosophique, cela se rapproche de la distinction entre une réalité contingente et un fondement nécessaire.
Mais qualifier quelque chose de « nécessaire » n’établit pas son existence. L’idée d’un fondement nécessaire n’établit pas non plus, à elle seule, une intention, une conscience, une bonté ou les affirmations d’une religion particulière.
Le passage d’un fondement de l’existence à un créateur implique une interprétation supplémentaire. Je dois assumer ce passage plutôt que le dissimuler dans une définition.
Je trouve l’idée d’une intelligence à l’origine de l’existence plus convaincante que celle consistant à traiter la structure ultime de la réalité comme un fait qui n’aurait tout simplement aucune explication supplémentaire. Il s’agit d’une préférence philosophique soutenue, pour moi, par l’ordre, les capacités génératrices et l’intelligibilité du monde. Ce n’est pas un résultat que les mêmes observations imposeraient à toute personne raisonnable.
Une autre personne peut considérer la réalité physique elle-même comme fondamentale, juger plus plausible une nécessité impersonnelle plus profonde ou suspendre son jugement. Toutes ces positions ne peuvent pas être réduites à l’affirmation désinvolte selon laquelle « tout est hasard ».
Mon désaccord doit porter sur un argument tel qu’il est réellement défendu, et non sur une version affaiblie que j’aurais rendue plus facile à réfuter.
Le fait que nous puissions comprendre certaines parties de l’univers approfondit ma propre croyance. Nous sommes à l’intérieur de la réalité que nous étudions, et pourtant nous pouvons former des abstractions qui révèlent des relations au-delà de l’expérience immédiate. L’univers contient des êtres capables de poser des questions sur l’univers.
Je n’y vois pas une démonstration qu’il a été fait pour nous. Notre compréhension est limitée, et notre capacité à remarquer des caractéristiques intelligibles ne garantit pas que tout nous soit accessible. Néanmoins, la relation entre la réalité et la compréhension reste, à mes yeux, davantage qu’une simple condition de fond sans importance.
Pourquoi l’existence devrait-elle être capable de devenir une question en son propre sein ?
J’y vois une dimension d’une interprétation cumulative. Aucune observation isolée ne porte toute la conclusion. L’ordre, la vie, l’intelligibilité et la question d’un fondement ultime se rejoignent dans ma manière de comprendre l’existence.
Pourtant, « cumulatif » ne doit pas devenir un autre mot pour désigner la multiplication de l’incertitude. Plusieurs arguments peuvent partager la même hypothèse non démontrée. Répéter cette hypothèse sous différentes formes ne rend pas ces arguments indépendants. La force de l’ensemble dépend de ce que chaque partie apporte réellement.
Il existe une autre difficulté à laquelle une croyance honnête en un créateur doit faire face : la même réalité qui permet la beauté et la découverte permet aussi la souffrance, la destruction et les vies interrompues.
Si je ne prête attention qu’à ce qui suscite l’admiration, j’ai sélectionné les éléments qui conviennent à ma conclusion (biais de confirmation). Le monde n’est pas tenu de ressembler à l’image réconfortante que je préférerais.
Croire en un créateur ne fournit pas automatiquement une explication adéquate de la souffrance. Les arguments concernant l’existence d’une source et ceux concernant le caractère moral de cette source ne sont pas identiques. Je ne peux pas établir le second simplement en montrant l’ordre attribué à la première.
Je ne considère pas la douleur d’une autre personne comme une illustration commode au service de mon argument. Je ne veux pas non plus prétendre que dire « il doit y avoir un sens » me donne accès à un sens que je ne peux pas identifier.
Ma croyance demeure aux côtés de questions que je n’ai pas résolues. C’est une limite que je dois reconnaître, pas une insuffisance que je peux réparer avec une phrase plus catégorique.
La psychologie de la croyance compte également ici.
Une idée peut offrir du réconfort, une identité, une appartenance ou un soulagement face à l’incertitude. Ces bénéfices ne la rendent pas fausse, mais ils peuvent influencer l’empressement avec lequel nous accueillons les informations favorables et la réticence avec laquelle nous examinons les objections (raisonnement motivé).
Je dois me demander ce que ma croyance explique et ce qu’elle m’apporte émotionnellement. Ces questions peuvent se recouper, mais elles ne sont pas interchangeables.
La même discipline s’applique aux milieux sociaux dans lesquels les idées sont discutées. Les familles, les communautés religieuses, les cercles intellectuels et les institutions peuvent associer du prestige à certaines réponses. Une personne peut ressentir une pression pour croire, pour ne pas croire ou pour s’exprimer avec plus de certitude qu’elle n’en possède.
Rien de cela ne décide si un créateur existe. Cela me rappelle qu’une conviction n’entre pas dans une vie humaine sans être marquée par les conditions humaines.
Puis-je distinguer les raisons que je défends des récompenses que je reçois pour les défendre ? Puis-je comprendre une position opposée sans transformer celui qui la soutient en personne moralement ou intellectuellement inférieure ?
Ces questions aident à déterminer si ma croyance reste une recherche ou devient une enceinte protégée.
Elles façonnent également ma manière de penser l’avenir.
Je m’attends à ce que les découvertes futures apportent de nouveaux éléments de preuve et de nouveaux arguments que je trouverai favorables à l’existence d’un créateur. Je crois qu’à mesure que notre compréhension s’approfondira, la structure et les capacités génératrices de la réalité pourront nous donner davantage de raisons de prendre au sérieux la question d’un créateur.
C’est mon attente, exprimée depuis l’orientation qui est la mienne aujourd’hui. Ce n’est pas une prévision scientifique établie à partir d’une tendance dans les données, et je ne peux pas promettre une découverte dont je ne connais pas encore la nature.
Je distinguerais des éléments identifiant directement un agent de résultats rendant une interprétation philosophique plus convaincante. Ce sont des formes de soutien différentes. Lorsque je parle de preuves futures, je ne peux pas présumer laquelle de ces formes apparaîtra, ni même si l’une d’elles apparaîtra.
Je ne peux pas non plus compter chaque découverte concevable comme une victoire. Si une complexité accrue soutient ma croyance, une plus grande simplicité ne peut pas automatiquement la soutenir pour la raison inverse. Si un éventail plus étroit de conditions permettant la vie renforce un argument, un éventail plus large doit pouvoir l’affaiblir. Une interprétation qui revendique chaque résultat possible comme une confirmation a cessé de s’exposer à l’examen.
Si les connaissances futures remettent en question les raisons que j’utilise, ces raisons devront changer. Je peux conserver ma croyance tout en abandonnant un argument, mais je ne dois pas prétendre que rien n’a été perdu ou révisé.
Que signifierait accueillir la connaissance uniquement lorsqu’elle s’accorde avec ce que j’espère déjà trouver ?
Je veux que mon attente encourage l’attention plutôt qu’elle ne dicte le résultat de la recherche.
La faillite décrite dans ce titre n’est donc ni l’effondrement de la théorie des probabilités, ni le déni des processus naturels, ni l’annonce que la science aurait prouvé l’existence d’un créateur. Elle désigne le point où le « hasard » cesse, pour moi, de constituer une explication finale adéquate de l’existence.
Le hasard peut décrire quelque chose de ce qui se produit à l’intérieur d’un monde. Je ne vois pas dans cette description, à elle seule, une explication de la raison pour laquelle il existe un monde doté de propriétés, de possibilités et de structures.
Je crois que l’existence possède une source qui dépasse une succession inexpliquée d’événements, et je comprends cette source comme un créateur. L’intelligibilité du monde, sa capacité à permettre la vie et la profondeur persistante de la question de l’origine font partie des raisons qui m’y conduisent.
Vous pouvez examiner la même réalité et parvenir ailleurs. Ma tâche est de rendre visible le cheminement de ma pensée, pas de rendre votre conclusion obligatoire.
Plus j’apprends comment l’existence fonctionne, moins je suis enclin à traiter son existence comme une question à laquelle on aurait déjà répondu.
Et la question à laquelle je reviens sans cesse est celle-ci : lorsque nous aurons expliqué toujours davantage ce que fait la réalité, aurons-nous fini de demander pourquoi il existe une réalité capable de faire tout cela ?