# Douce Stockholm

> *Captivité volontaire.*

**Language:** FR
**Source:** wecome1.com - Transparent Awareness

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Qu'est-ce que le syndrome de Stockholm doux à l'ère numérique?
Syndrome de Stockholm Doux
Personne ne t'a enlevé.
Personne ne t'a forcé à rester.
Pourtant, tu es toujours quelque part d'où tu ne pars pas.

Car à cette époque, la captivité ne se produit pas derrière des portes verrouillées.
Elle se produit à travers des sons de notification.
À travers des émojis cœur.
À travers des phrases qui commencent par « mes gens ». 

Tu penses connaître un créateur.
Tu sais ce qu'il aime.
Tu peux prédire ce qu'il pensera.
Tu t'irrites quand il est critiqué.
Tu le défends.

Mais arrête.
Disons-le clairement.

Ils ne te connaissent pas.
Ils ne l'ont jamais fait.
Ils n'ont aucune intention de te connaître.

Pour eux, tu n'es pas une personne.
Un nom d'utilisateur.
Un numéro.
Une augmentation d'engagement.

Si tu es parti, c'est inaperçu.
Si tu es là, le graphique monte.

Cette relation est unilatérale, mais te est vendue comme mutuelle.
« Nous » est dit.
Mais il n'y a pas de toi dedans.
« Nous sommes une famille » est dit.
Mais demain, mille remplaçants sont prêts.

Tu formes un attachement.
Ils produisent du contenu.

Tu défends.
Ils passent à autre chose.

Tu arrêtes de critiquer parce que si tu le fais,
tu devrais admettre le temps que tu as perdu,
l'émotion que tu as investie,
l'identité que tu as remise.

Et c'est lourd.

Ce qui est pire, c'est ceci :
La personne que tu défends ne défend souvent même pas ses propres opinions.
Les sponsors parlent.
Les marques décident.
Les opinions sont des briefs.
La sincérité est une performance.

Tu le sais.
Et tu les défends quand même.

Parce que ce n'est plus à propos d'eux.
C'est à propos de toi.

Ils font une erreur, tu défends.
Ils profitent, tu te fatigues.
Ils postent, tu t'épuises.

Cette relation ne te fait pas grandir.
Elle t'efface lentement.

Tes propres idées se retirent.
Tes limites s'estompent.
Même ta langue cesse de te sembler à toi.

Un jour, tu regardes en arrière et réalises :
Ce que tu as défendu n'était pas à toi.
Ta colère n'était pas à toi.
Ta loyauté ne t'a pas élevé — elle t'a diminué.

Et non, ce n'est pas une admiration innocente.
C'est de l'automutilation,
sucrée,
filtrée,
applaudie.

Ça ne crie pas.
Ça ne détruit pas.
Ça ne provoque pas de scandales.

Ça t'efface simplement en silence.

Et peut-être que la vraie question est celle-ci :
Pour un système qui ne te connaît pas,
combien de toi-même as-tu laissé derrière dans le silence ?

Syndrome de Stockholm Doux.
Le nom de la captivité volontaire.